Ce que nous regardons vraiment dans un CV
Fiche conseil — candidats cadres de l'agroalimentaireNous lisons des CV de l'agroalimentaire toute la journée depuis 1995. Voici ce qui nous fait décrocher le téléphone, et ce qui nous fait passer au suivant. Ce ne sont pas des règles de mise en page : c'est ce qu'un recruteur de la filière cherche à comprendre en deux minutes.
Les chiffres de votre périmètre
Le point le plus souvent oublié« Responsable de production » ne veut rien dire tant qu'on ne sait pas ce qu'il y a derrière. Trente personnes ou deux cents ? Une ligne ou huit ? Du 2x8 ou du 3x8 avec week-end ? Un atelier ou un site complet, maintenance et qualité comprises ?
Ce qu'il faut chiffrer
- Effectif encadré, en direct et en indirect
- Nombre de lignes, d'ateliers ou de sites
- Volumes, tonnages ou chiffre d'affaires du périmètre
- Organisation du travail et saisonnalité
- Budget dont vous aviez la responsabilité
Ce qui vous situe dans la filière
- Le segment exact : surgelé, ultra-frais, appertisé, sec
- Le type de clients : grande distribution, RHD, industrie, export
- Marque propre, marque de distributeur, ou les deux
- Les certifications tenues : IFS, BRC, bio, label
Ce qui ne sert à rien
- Les listes de qualités sans exemple
- Les barres de niveau sur les logiciels
- La photo, sauf si vous y tenez
- Les intitulés internes incompréhensibles ailleurs
Vos changements de poste racontent une histoire
Et nous la lisons- Les dates comptent autant que les titres. Trois postes en quatre ans n'est pas disqualifiant ; ne pas pouvoir l'expliquer l'est. Un rachat, une fermeture de site, un déménagement familial : dites-le, en une ligne, directement sur le CV.
- Les compétences de l'agroalimentaire ne se transposent pas d'un segment à l'autre. Vendre de la viande, c'est démonter un animal et équilibrer la vente des pièces les moins nobles. Vendre de l'ultra-frais, c'est monter un produit. Si vous avez changé d'univers, expliquez ce que vous avez dû réapprendre : c'est une force, pas un trou.
- Un parcours qui ne cite que des réussites inquiète. Nous demandons toujours en entretien ce qui n'a pas marché. Les candidats qui n'ont jamais échoué, ou qui n'ont que des employeurs incompétents derrière eux, ne vont pas plus loin chez nous.
Et la lettre de motivation ?
Notre position, qui n'est pas celle de tout le mondeSur les postes que nous traitons, une lettre formelle n'apporte presque rien. Ce qui nous est utile tient en cinq lignes dans le corps d'un courriel, et répond à trois questions : pourquoi ce poste-là, pourquoi maintenant, et qu'est-ce que vous savez faire que l'annonce demande.
Si vous écrivez tout de même une lettre, évitez de répéter le CV. Parlez d'abord de l'entreprise et de ce qui l'attend, ensuite de ce que vous savez faire, et terminez sur le lien entre les deux.